
La décision d’inviter Yrius dans le groupe méticuleusement sélectionné des artistes de la galerie est née d’une question simple :
Quels sont les pères fondateurs de la pratique picturale en Guadeloupe?
Fort de sa connaissance du terrain et de ses relations dans le milieu de l’art en Guadeloupe et ailleurs, Thierry Alet, artiste et directeur des expositions de Frere Independent, a mené des recherches pendant plus de six mois pour constater que la Guadeloupe accuse une réelle pauvreté dans ce domaine. Selon Mr. Alet, Le seul artiste qui fasse l’unanimité quant à son talent et son engagement pour l’art en Guadeloupe est Michel Rovélas. Bien entendu il y en a d’autres de la génération de Michel Rovélas, mais peut-on affirmer sans équivoque que leur talent, leur engagement quant à leur art et leurs actions pour l’art en Guadeloupe s’y comparent ?
La pauvreté de la Guadeloupe en ce domaine est d’autant plus retentissante que le vide constaté en matière de publication. En effet toute recherche commence dans les livres. Et, sur les étagères des librairies de la place, à Pointe-à-Pitre, à Basse-Terre, aux aéroports de Guadeloupe et de Martinique on trouve des monographies conséquentes de plus de 300 pages de Khoko René Corail, Ernest Breleur, Hélénon, Louis Laouchez, Hector Charpentier, Catherine Théodose tous Martiniquais. Pas un livre sur les Artistes pionniers de l’art Contemporain en Guadeloupe. Pourquoi ? Tentant l’exercice d’accuser les maisons d’éditions et autres organismes culturels on est contraint de chercher les artistes de Guadeloupe qui pourraient faire l’objet de telles publications….
Clairement, le seul artiste qui se compare à ROVELAS comme un des maîtres de la peinture en Guadeloupe c’est LE MAGNIFIQUE Philibert Yrius. Il mène humblement son travail artistique sans relâche depuis plus de 30 ans. Pas un jour ne passe sans qu’il ne prenne les pinceaux dans un atelier sans portes, sans fenêtres, sans murs. Juché sur les rochers au-dessus de la mer, LE MAGNIFIQUE nous invite à une peinture touchante et d’une profondeur étonnante. En effet à la fois Surréaliste et réaliste merveilleux son oeuvre est en marge de ces deux écoles. Il est tout aussi difficile de la qualifier de peinture contemporaine Guadeloupéenne ; elle est irrévocablement dégagée des démarches quasi désespérées de nos jeunes talents. Celles qui tentent à tout prix d’appartenir à l’esthétique contemporaine des plaques tournantes telles que New York ou Paris. Yrius crée depuis toujours pris en étau sur une bande de sable entre la montagne et l’océan et nous rappelle que l’universel est fondamentalement personnel.