
Le Bonze de French.
Mais qui donc est ce bonze qui surgit ? Contournons-le ! Non, non il est incontournable malgré sa situation : en plein centre d’un rond-point passant et fréquenté ; Bizarre ! Ce bonze donne l’impression de susurrer entre ses cicatrices quelques bontés qui semblent vous toucher au passage.
Mais qu’est-ce donc que cet ouvrage monumental imitant les rochers et les pierres naturelles ; fantaisiste dans ses compositions dissymétriques où règne les formes contournées, déchiquetées, évoquant concrétions minérales et végétales face à la sebkha du « Bwa Jolàn » ? Une Rocaille !
En plein cœur d’un sens giratoire obligatoire qui dès lors se meut en Boussole, comme si l’oubli, la méconnaissance n’avait que trop imprégné celui qu’il met en valeur : Le Primus inter pares des Arts Visuels ! Un Guadeloupéen ?!
De l’acier, dur, très dur ; riche en carbone, peut-être ; obtenu par moulage de fonderie ?
En tous cas, il apparaît rutilant de vigueur, de force et de robustesse ; il oblitère pro memoria le passé filié qui a construit notre identité.
Il veut nous confier un secret on dirait : son œil sémillant nous parle de matrice culturelle compensant et récompensant et, qui ne saurait perdre son activité et sa force même par manque d’exercice. Le regard circonspect du Quidam cuirassé argumente en sa faveur la nécessité d’un nouvel aiguillage, imprévu certes mais tellement bienveillant.
Une Halte accorte s’impose !
Mais, c’est une œuvre d’art ! Au sens noble du terme ! Une œuvre qui, au lieu de célébrer les « engrenages malsains » de notre patrimoine, les re-font et leur fait Honneur en des-asservissants l’acier pour le laisser exprimer sa générosité. L’Acier Sait se laisser choyer, caresser, sculpter par la technologie du futur et les éléments naturels. Et ces lumières qui révèlent son éclat, qui réveillent et réaniment la mémoire du grand maître et model de l’art visuel.
Mr Guillaume Guillon-Lethière, vous nous hurliez presque : « Qualis Artifex Pereo Guadalupe ! »
Monsieur, vous n’êtes plus enchaîné ! Mais fatalement enraciné à votre terre et à votre identité que vous avez aidé à construire. Vous qui accordez aux Artistes Créoles l’espoir d’un horizon immense et gigantesque, en vous adossant aux collines septentrionales, mais qui l’air de rien du levant au couchant balayez de votre regard apaisé et respectueux la mère inspiration, soyez le poto-mitan, le Gouvernail du vaisseau de notre joyau désormais serti, avec pour cap la Guadeloupe des Œuvres d’Art en quête de sens.
Richard-Victor Sainsilly-Cayol, artiste plasticien célèbre un monument historique de l’Art Visuel, un Guadeloupéen, un référence des beaux Arts, Une Roche Endogène Créole.
15 Janvier 2009.
Audrey Limon,
