Archive pour la catégorie ‘Jocelyn Valton’

Hold-up sur l’art commémoratif

Dimanche 13 septembre 2009

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Hold-up sur l’art commémoratif

Jocelyn Valton

Interview par Emmanuelle Fickt

E. F. - Un étonnant pastiche de tableau (dont la reproduction figure ici p. 3) est à l’origine de cet entretien. Mais avant d’en parler dites-nous pourquoi avoir écrit il y a quelques années sur une exposition de Nicole Réache qui est, selon vos termes, hors du champ de l’art ?

J. V. – J’ai en effet toujours considéré que ce qu’elle produisait (bien pire que les aquarelles de Hitler qui n’a pas peint et encore moins exposé les chambres à gaz de Treblinka ou Auschwitz) avait très peu d’intérêt. Soyons clairs : dans le cas que nous évoquons, nous sommes bien dans un territoire hors de l’art. En revanche, je trouve pertinent d’analyser les mécanismes de cette exposition en tant que phénomène anachronique et surréaliste (dans le plus mauvais sens du terme) en pleine commémoration de l’abolition de l’esclavage. Le rôle joué par quelques ‘‘intellectuels’’ et des personnalités de tous horizons, signant le catalogue et pris dans les filets de cette manifestation clairement révisionniste, est tout aussi étonnant que l’absence de réaction du corps social.

Ces divers acteurs sont d’ailleurs bien plus à critiquer que N. Réache qui a su avec habileté, épingler dans son catalogue, jusqu’aux signatures d’anciens indépendantistes, d’artistes, d’écrivains et même d’historiens patentés ! (Lire la suite…)

KRÉYOL FACTORY – Que retiendrons-nous de l’art en saison créole ? Jocelyn Valton

Jeudi 7 mai 2009

KRÉYOL FACTORY

Que retiendrons-nous de l’art en saison créole ?

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Que retiendrons-nous de Kréyol Factory, l’exposition qui se sera tenue à la Grande Halle de la Villette d’avril à juillet 2009, le temps d’une ‘‘saison créole’’ ? Voilà une exposition qui rassemble à Paris, dans un lieu jouissant d’un certain prestige, des œuvres d’artistes issus des Grandes et Petites Antilles, anglophones et francophones, Guyane, Réunion, jusqu’aux USA et au Canada. Avec leur nombre important (60 artistes, pour 85 œuvres et 250 photographies), on mesure que l’événement a des allures de première, tant sont rares les occasions de voir dans les grandes capitales occidentales, et singulièrement à Paris, les créations des Caribéens et autres ressortissants des mondes « créoles ».

On s’étonnera d’abord qu’elle se soit tenue à La Villette dans un lieu qui n’est pas dédié à l’art. Car, bien que la Grande Halle ait accueilli une partie de Magiciens de la Terre en 1989, c’est bien Beaubourg qui fut le pôle principal de cette célèbre exposition. Afrika Remix (2005) qui abordait la question de la création contemporaine africaine, avec un commissaire Africain, se tenait aussi au Centre Pompidou. Un lieu n’est pas anodin. Qui l’ignore dans le milieu de l’art ? Il laisse son empreinte ou bien, témoigne-t-il d’une posture de départ. Que Jacques Martial ne s’est-il servi des Armes miraculeuses pour faire souffler sur Beaubourg une tempête créole… Le temps d’une saison ?

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Guadeloupe, Martinique : l’art de faire grève…

Vendredi 27 mars 2009

picture-3Martinique, 5 Février 2009 : L’artiste Joëlle Ferly improvise une performance en soutien au 1er jour de grève des syndicats martiniquais à l’ouverture de l’exposition « Entre-Vues » à la fondation Clément, espace d’art contemporain fondé par Bernard Hayot, richissime Béké de l’île à la tête du Groupe Bernard Hayot (GBH). © Photo : Nyaba Ouedraogo

En ce début d’année 2009 la Guadeloupe et la Martinique font parler d’elles à coup de grèves !
Différente des revendications syndicalistes qui concernaient autrefois des secteurs spécifiques, la grève générale commencée en Guadeloupe le 20 Janvier dernier par le collectif Liyannaj Kont Pwofitasyon (LKP ) est en passe de devenir, par l’ampleur de la contestation, un phénomène historique ! A l’inverse de ce qui a pu être publié dans certains journaux nationaux dépêchés sur place tardivement, ces mouvements de grèves sont parfaitement organisés et rassemblent de nombreux syndicats (plus d’une quarantaine), tous unis pour dénoncer une situation peu connue des Français de l’hexagone, à savoir l’existence d’une majorité de la population guadeloupéenne exploitée économiquement et maintenue dans la précarité par un système de privilèges. Privilèges dont bénéficie une petite minorité blanche qui compte des descendants d’esclavagistes et détenant les rênes de l’économie des îles françaises de la Caraïbe.

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