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	<title>T&#38;T Art Contemporain &#187; Jocelyn Valton</title>
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	<description>2eme Edition du Prix Michel Rovélas &#124; 2-14 Septembre 2010</description>
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		<title>Hold-up sur l’art commémoratif</title>
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		<comments>http://ttcontemporain.com/archives/272#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 14 Sep 2009 04:41:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jocelyn Valton</dc:creator>
				<category><![CDATA[Jocelyn Valton]]></category>

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		<description><![CDATA[
















Hold-up sur l’art commémoratif
 
Jocelyn Valton
Interview par Emmanuelle Fickt 
 
 
E. F. - Un étonnant pastiche de tableau (dont la reproduction figure ici p. 3) est à l’origine de cet entretien. Mais avant d’en parler dites-nous pourquoi avoir écrit il y a quelques années sur une exposition de Nicole Réache qui est, selon vos [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal" align="center">
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><img class="size-medium wp-image-273 alignnone" title="picture-41" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/09/picture-41-300x170.png" alt="picture-41" width="300" height="170" /></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;">
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;">
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;">
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<p class="MsoNormal" style="text-align: left;">
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;">
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;">
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><strong><span lang="FR">Hold-up sur l’art commémoratif</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><strong><span lang="FR"> </span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><strong><span lang="FR">Jocelyn Valton</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><strong><span lang="FR">Interview par Emmanuelle Fickt </span></strong></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span lang="FR">E. F. <span>- Un étonnant pastiche de tableau (dont la reproduction figure ici p. 3) est à</span><span> </span><span>l’origine de cet entretien. Mais avant d’en parler dites-nous pourquoi avoir écrit il y a quelques années sur une exposition de Nicole Réache qui est, selon vos termes, hors du champ de l’art ? </span></span></strong></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span lang="FR"> </span></strong></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span lang="FR">J. V. &#8211; </span></strong><span lang="FR">J’ai en effet toujours considéré que ce qu’elle produisait (bien pire que les aquarelles de <strong>Hitler</strong> qui n’a pas peint et encore moins exposé les chambres à gaz de Treblinka ou Auschwitz) avait très peu</span><span lang="FR"> d’intérêt. Soyons clairs : dans le cas que nous évoquons, nous sommes bien dans un territoire hors de l’art. En revanche, je trouve pertinent d’analyser les mécanismes de cette exposition en tant que phénomène anachronique et surréaliste (dans le plus mauvais sens du terme) en pleine commémoration de l’abolition de l’esclavage. Le rôle joué par quelques ‘‘intellectuels’’ et des personnalités de tous horizons, signant le catalogue et pris dans les filets de cette manifestation clairement révisionniste, est tout aussi étonnant que l’absence de réaction du corps social.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Ces divers acteurs sont d’ailleurs bien plus à critiquer que N. Réache qui a su avec habileté,<span> </span>épingler dans son catalogue, jusqu’aux signatures d’anciens indépendantistes, d’artistes, d’écrivains et même d’historiens patentés ! <span id="more-272"></span>Leur mutisme en dit long sur leur incapacité à articuler une pensée, même à posteriori, sur ce qu’on peut qualifier de véritable hold-up dont le butin n’est rien moins que notre capacité à appréhender le sens de l’art, de la mémoire et de l’histoire dans notre société postcoloniale. Car enfin, toute exposition est discours. Elle s’adresse à un public ciblé (ce public était en l’occurrence invité à « partager des moments de <span style="text-decoration: underline;">nostalgie</span> »), ce discours est diversement médiatisé : communiqués de presse, carton d’invitation, catalogue d’exposition, articles de presse … Or ce discours a été validé, plébiscité, par ceux-là même qu’il stigmatisait. </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span lang="FR">E. F. &#8211; A force, ne faites-vous pas la promotion de Madame Réache ? Un seul article n’aurait-il pas suffit ? </span></strong><span lang="FR"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span lang="FR">J. V. &#8211; </span></strong><span lang="FR">Depuis onze <span>années que dure cette « affaire » au parfum de scandale, j’ai eu le temps de me poser cette question. Sachant que toute position critique revendique une part importante de ce qu’on peut appeler « subjectivité argumentée », ma posture habituelle est de ne pas écrire à propos de ce qui ne présente pas d’intérêt. Je déroge à la règle car je considère que ce qui nous<span> </span>a été donné à voir est durablement toxique. Une nature toxique à tous les niveaux : l’exposition elle-même, la date commémorative choisie pour l’organiser, le catalogue et la nature de ses textes, le consensus qui les entoure puis la commande publique qui en découle. </span></span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Il faut ajouter à cela le nombre (80 signataires) et la visibilité des personnalités ayant écrit dans ce catalogue. Des gens comme l’écrivain Ernest <strong>Pépin</strong>. Le « chantre de la créolité » est déjà à l’époque, directeur des affaires culturelles du Conseil Général. Ou bien encore Gisèle <strong>Pineau</strong> autre romancière à succès.</span><span lang="FR"> Danielle <strong>Bégot</strong>, historienne qui fait autorité à l’Université Antilles Guyane (UAG) comme spécialiste des questions de l’esclavage et qui a formé à ce titre, des générations d’historiens. Durant ses conférences auxquelles j’ai pu assister, elle manipule et commente une grande quantité d’images. Elle a donc coutume d’en faire la lecture. Nelly <strong>Schmidt</strong> du CNRS, autre historienne spécialiste de l’esclavage, avec diverses publications à son actif.<span> </span>Claudette <strong>Francius-Figuière</strong>, conseiller régional à l’époque et encore aujourd’hui. Elle a donc voté pour l’acquisition de cette commande publique. Amédée <strong>Huygues-Despointes</strong> un des plus riches békés de l’île, aujourd’hui décédé et dont la compagne Marie <strong>Abraham</strong>, une Française, ancienne journaliste, a été le nègre pour l’occasion. Henri <strong>PetitJean-Roget</strong> ancien conservateur des musées Edgar Clair et Schœlcher, désormais à la retraite. Félix <strong>Proto</strong>, qui fut président du Conseil Régional de Guadeloupe avant cette commande publique passée sous la mandature de Lucette <strong>Michaux-Chevry</strong>. Pierre <strong>Reinette</strong>, chef des services et personnalité influente du Conseil Général encore en exercice. Brigitte <strong>Touzeau</strong>, directrice du Centre Rémy Nainsouta et des bibliothèques de Pointe-à-Pitre. Absente du catalogue, Sylvie <strong>Tersen</strong>, à l’époque conservatrice du musée Saint-John Perse et promue depuis à un poste de responsabilités aux Affaires culturelles du Conseil Régional. Elle tenterait, encore aujourd’hui, d’imposer la présence de Nicole <strong>Réache</strong> dans un projet de livre sur la peinture en Guadeloupe commandé par le Conseil Régional avec l’essayiste et universitaire Roger <strong>Toumson</strong> comme chef d’orchestre. </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Peu de gens savent que lors de la publication du 1<sup>er</sup> article, Réache était en passe d’obtenir, via L’ICFC (Institut de Coopération Franco Caraïbe dont le président Max <strong>Vincent</strong> a signé le catalogue), une commande pour une peinture à offrir à la République d’Haïti, dans le cadre d’échanges officiels ! La Guadeloupe se serait alors couverte de ridicule. Suite à cet article, la commande à été annulée et un autre artiste a été choisi pour représenter notre pays. Il y a aussi l’attitude des artistes qui ne s’expriment pas sur le sujet. Certains d’entre eux étant signataires du catalogue : Joël <strong>Nankin</strong>,<strong> </strong>très populaire dans l’île, Christian <strong>Bracy</strong>, et Lucien <strong>Léogane</strong>. On a déjà vu des artistes de la génération suivante accepter d’exposer leurs travaux aux côtés des siens. Le monde de l’art se trouve ainsi éclaboussé. </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Enfin la date symbolique à l’occasion de laquelle l’exposition a eu lieu sous le titre <em>Mémorielles</em>, jette le discrédit sur les manifestations officielles du cent cinquantenaire, et invalide en quelque sorte, tout le processus de réhabilitation de notre mémoire collective jusqu’à ce jour. J’ajouterai : tant que ne seront pas retirés de manière publique les panneaux peints de l’hémicycle du Conseil Régional !</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span lang="FR">E. F. &#8211; Avec un rapport de force qui ne semble pas en votre faveur, quel enseignement tirez-vous de cette affaire ?</span></strong></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span lang="FR"> </span></strong></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span lang="FR">J. V. &#8211; </span></strong><span lang="FR">Un nombre grandissant de gens est informé en Guadeloupe, dans la Caraïbe, en France et à l’étranger. L’Internet permet de prendre à contre-pied l’ancienne toute puissance de la presse traditionnelle et la confiscation de l’information.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">La posture adoptée est en accord avec ma vision de ce que peut être une part de l’action de critique d’art dans un petit ‘‘pays’’ de la Caraïbe. A près <span>de 7000 km</span> de distance, nous dépendons politiquement et économiquement de la France dont nous sommes un département depuis 1946. Une situation complexe, unique au monde, qui nous demande de trouver des réponses inédites afin d’exister dans la famille des Hommes. Exister par nous-mêmes, librement. La culture est un des champs de bataille, un des enjeux. C’est pourquoi, dès ma première contribution dans la revue <em>Recherches en Esthétique</em>, j’ai fait le choix de travailler sur l’art envisagé dans le contexte de cette région du monde. </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Nous sommes un jeune ‘‘pays’’. Plus de 300 ans sous les fers, un siècle et demi de liberté. En l’absence de traditions artistiques, il y a un gros travail pédagogique à faire auprès des différents publics, sans compter les machines aliénantes contre lesquelles il faut lutter. Une de ces machines, l’Education Nationale, a fait quelques progrès, mais le chantier est énorme. S’il ne s’agit pas de tout rejeter en bloc, il faut agir et penser, travailler ensemble à changer ce qui doit l’être.<span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Observons ce qui se passe en Guadeloupe avec Nicole Réache à la lumière de l’exposition de clichés du photographe André <strong>Zucca</strong> montrant Paris sous l’occupation allemande. </span><span lang="FR">«<em>Les Parisiens sous l’Occupation</em>»</span><span lang="FR"> à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris a fait l’objet d’une vive polémique dans la presse française en avril 2008<span class="MsoEndnoteReference">1</span>. L’institution s’est vue reprocher de ne pas avoir pris soin d’informer le public sur le contexte dans lequel ces photographies avaient été prises par Zucca, mort en 1973, et connu pour faits de collaboration avec l’occupant nazi.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Dans une démocratie digne de ce nom, les débats contradictoires permettent à l’opinion publique d’émerger pour l’édification des citoyens. Dans ce département français (mais les règles varient au gré des circonstances), on est souvent face à un déficit de démocratie. Partie à la plage avec certains pouvoirs, politiques ou financiers, que ça arrange bien. Je considère ces articles, comme une sorte de travail sériel. Pour faire tomber les murs, il n’y a d’autre posture valable que celle de l’entêtement. Ce qui a été entrepris ne devrait d’ailleurs pas interpeller uniquement les acteurs en Guadeloupe. Car tout ceci, par les pirouettes de l’histoire, se passe ‘‘en France’’. Il faudrait donc s’interroger sur ce silence au-delà des frontières de l’île… Non ? Pour la santé de la démocratie, notre entreprise est donc condamnée au succès. </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span lang="FR">E. F. &#8211; Certains comme <span>Ernest Pépin avancent que vous forcez un peu le trait. On rapporte que les politiques, Victorin Lurel par exemple, ne seraient pas en mesure de traiter cette question car ils ne sont pas spécialistes.</span><span> </span>Que leur répondez-vous ?</span></strong></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span lang="FR"> </span></strong></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span lang="FR">J.V. &#8211; </span></strong><span lang="FR">Nous y voilà. Je ne voudrais pas reprendre tout ce que j’ai déjà maintes fois argumenté dans les articles précédents. Peut-être faut-il procéder autrement. </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">D’abord dire que le cas de l’écrivain Ernest <strong>Pépin</strong> est emblématique du niveau de cécité de la caste politico <span>intellectuelle actuellement au pouvoir. Alors que la Guadeloupe est secouée par une révolte sociale de grande ampleur menée par le LKP, il confesse lui-même son absence de vision dans un courrier qu’il m’adresse le 30 janvier 2009.<span class="MsoEndnoteReference">2</span> Etrange réponse privée à une question rendue publique pour ouvrir le débat démocratique. Que le Directeur des Affaires Culturelles au Conseil Général s’explique publiquement pour sa contribution au catalogue de l’exposition de madame Réache, qu’il donne clairement sa position concernant les propos révisionnistes contenus dans ce catalogue et qu’il agisse pour que les peintures de l’hémicycle du Conseil Régional soient enlevées. Voilà ce que les citoyens sont en droit d’attendre.</span></span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Peut-être faut-il maintenant faire une démonstration par l’image et laver à l’eau de piment les yeux de ceux qui disent ne pas voir. Après quoi, nous pourrons sans doute espérer qu’il n’en restera plus aucun pour prétendre ne pas avoir compris de quoi il est question depuis 11 ans.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal" align="right"><span lang="FR"><!--[if gte vml 1]><v:shapetype id="_x0000_t75" coordsize="21600,21600"  o:spt="75" o:preferrelative="t" path="m@4@5l@4@11@9@11@9@5xe" filled="f"  stroked="f"> <v:stroke joinstyle="miter" /> <v:formulas> <v:f eqn="if lineDrawn pixelLineWidth 0" /> <v:f eqn="sum @0 1 0" /> <v:f eqn="sum 0 0 @1" /> <v:f eqn="prod @2 1 2" /> <v:f eqn="prod @3 21600 pixelWidth" /> <v:f eqn="prod @3 21600 pixelHeight" /> <v:f eqn="sum @0 0 1" /> <v:f eqn="prod @6 1 2" /> <v:f eqn="prod @7 21600 pixelWidth" /> <v:f eqn="sum @8 21600 0" /> <v:f eqn="prod @7 21600 pixelHeight" /> <v:f eqn="sum @10 21600 0" /> </v:formulas> <v:path o:extrusionok="f" gradientshapeok="t" o:connecttype="rect" /> <o:lock v:ext="edit" aspectratio="t" /> </v:shapetype><v:shape id="_x0000_i1026" type="#_x0000_t75" style='width:222pt;  height:225pt'> <v:imagedata src="file://localhost/Users/thierryalet/Library/Caches/TemporaryItems/msoclip/0/clip_image001.jpg" mce_src="file://localhost/Users/thierryalet/Library/Caches/TemporaryItems/msoclip/0/clip_image001.jpg"   o:title="DSC02382" /> </v:shape><![endif]--><span> </span><!--[if gte vml 1]><v:shape id="_x0000_i1025"  type="#_x0000_t75" style='width:228pt;height:225pt'> <v:imagedata src="file://localhost/Users/thierryalet/Library/Caches/TemporaryItems/msoclip/0/clip_image003.jpg" mce_src="file://localhost/Users/thierryalet/Library/Caches/TemporaryItems/msoclip/0/clip_image003.jpg"   o:title="DSC02384" /> </v:shape><![endif]--></span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span lang="FR"><span> </span>Nicole Réache : « Zélina Esclave n° 5212 » ;<span> </span><span> </span>« Sarah Déportée n° 3945 &#8211; Arbeit Macht Frei / </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"><span> </span>fév. 97<span> </span><span> </span><span> </span><span> </span>Le travail rend libre »</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Le premier tableau, à gauche, est commenté par Ernest <strong>Pépin</strong> dans le catalogue de l’exposition du 150<sup>ème</sup> anniversaire de l’abolition de l’esclavage. Nicole Réache promue peintre officiel, reçoit une commande publique, payée avec des fonds publics, pour orner l’hémicycle du Conseil Régional de la Guadeloupe de sept panneaux peints de grande dimension.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Imaginons maintenant qu’un ‘‘peintre’’ X ait eu l’idée de peindre cette autre image (à droite) et qu’il l’exposât à Jérusalem lors de <em><span>Yom HaShoa</span></em> l’anniversaire de la libération des prisonniers Juifs des camps nazis. Imaginons aussi que l’auteur d’une telle peinture reçoive les honneurs d’une commande publique de l’Etat d’Israël pour orner le siège de la <em>Knesset</em> (le Parlement israélien). Non seulement c’est impensable, tout simplement inconcevable, mais si quelques personnalités politiques et quelques fonctionnaires venaient à perdre la tête, atteints par quelque foudroyante épidémie de sénilité, cela provoquerait à coup sûr une crise politique grave et un tollé national en Israël avant qu’il ne soit d’envergure mondiale ! </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">En Guadeloupe, et pour une affaire qui concerne une institution de la République, tous les responsables <span>de la culture et les politiques, qui devraient en principe agir selon ses valeurs et pour les citoyens, demeurent étonnement aphones. Les artistes s’en accommodant pour rester</span> dans les bonnes grâces du pouvoir (les commandes publiques seraient à ce prix) et les intellectuels du cru, qui appellent pourtant à l’émergence d’une société civile, restent comme les tombes…<span class="MsoEndnoteReference">3</span> Mais dans une société où règne corruption et aliénation sous les formes les plus diverses (une équipe de foot vedette s’appelle encore aujourd’hui <strong><em>La Gauloise</em></strong>, probablement en l’honneur des ‘‘nos ancêtres’’ !), ce serait pure utopie d’espérer que les artistes soient assis sur l’unique branche de la vertu ou que l’art soit le territoire de Candide. On assiste donc à une farce tragique qui condense le pire de ‘‘l’art’’ instrumentalisé par les politiques, ce qui ne peut conduire notre petit milieu de l’art qu’au cannibalisme. Se joue là, sous nos yeux englués, l’esthétisation mortifère de l’idéologie et de la politique néocoloniale aux Antilles. Atavisme d’un monde de pestilence qui ne veut pas mourir. Le saviez-vous ? le « Nouveau Monde » reste encore à inventer… </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal" align="right"><span lang="FR">Guadeloupe, 27 Mai 2009 </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Emmanuelle <strong>Fickt</strong><span> </span>©<span> </span>Jocelyn<strong> Valton</strong></span><strong><span lang="FR"><br />
</span></strong><span lang="FR">Critique d&#8217;Art &#8211; AICA</span><span lang="FR"><br />
</span><strong><span lang="FR">Profil facebook</span></strong></p>
<p><strong><span lang="FR">Gwadloup an Kè an Nou</span></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span lang="FR">Post-scriptum : </span></strong><span lang="FR">Enseignant à mes côtés à l’école d’art du Lamentin au milieu de la décennie 90, Cyril <strong>Serva</strong> professeur de philosophie dont je salue ici la mémoire, arriva un jour au milieu des professeurs réunis, me priant de lui donner souvent matière à se brouiller avec d’autres de ses amis, ce qui venait tout juste de se produire alors qu’il faisait cause commune avec le contenu de mon premier article sur cette affaire. Serva appelait de ses vœux une « société civile » et parlait avec conviction du « sens du pays ».</span></p>
<div>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
</div>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">1 &#8211; Voir édito n° 234 d’André Rouillé sur le site paris-art.com du 24 avril 2008 :</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"><a href="http://www.paris-art.com/art/a_editos/d_edito/Andre_Rouille_L-Occupation-enchantee-235.html">http://www.paris-art.com/art/a_editos/d_edito/Andre_Rouille_L-Occupation-enchantee-235.html</a></span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">et l’article sur de Rue89 :</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"><a href="http://www.rue89.com/oelpv/quand-paris-rend-hommage-a-andre-zucca-photographe-collabo">http://www.rue89.com/oelpv/quand-paris-rend-hommage-a-andre-zucca-photographe-collabo</a></span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">2 &#8211; Ernest <strong>Pépin </strong>: « Je dois reconnaître qu’après voir vu à la télévision Elie Domota, j’ai été impressionné par la maîtrise qu’il avait (comme les autres membres du collectif) des dossiers qu’il présentait et je dois surtout reconnaître que je ne connaissais rien du travail des syndicats et encore rien des « pwofitasyons » que subissaient la Guadeloupe. […] Je ne percevais que le nombre des grèves sans connaître l’intensité des problèmes réels. Comme bon nombre de Guadeloupéens, j’ai pris conscience du fait qu’il y avait quelque chose de pourri au royaume pour reprendre une expression connue. […]</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Maintenant, j’en viens aux tableaux de Mme Gerville-Réache. Il est vrai que j’ai accepté de mettre un texte dans le catalogue de son exposition. Je l’ai fait plus par amitié que pour d’autres raisons. Il m’arrive souvent de faire des préfaces en pensant soutenir tel ou tel artiste. Geste imprudent, inconséquent ! Peut-être ! Je ferai attention la prochaine fois ! Cependant, puisqu’il est question de mon poste de Directeur des Affaires Culturelles, j’ai soumis à la Commission, l’acquisition des œuvres de nombreux peintres guadeloupéens et parmi celles –là, je n’ai jamais proposé l’acquisition d’œuvres du peintre incriminé. Les œuvres se trouvent au Conseil Régional. Parler de « bénédiction zélée », me semble exagéré. Toutefois, je comprends le message. C’est vrai « un intellectuel doit tenter de faire ce qu’il dit ». Je me promets à moi-même, à partir de l’examen de conscience, déclenché par les nombreuses attaques que je reçois, de faire preuve de vigilance à ce sujet. […]</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">A côté de cela, il y a bien sûr des lacunes et des erreurs. Mais on ne peut pas dire que je sois un « ennemi » de la Guadeloupe et de ses artistes.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Je suis attristé de me voir traiter comme cela !</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">[…]</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Je ne me considère pas comme votre « ennemi », ni même comme votre « adversaire » et je tire les leçons des reproches qui me sont faits même si, parfois, ils me semblent exagérés. J’espère sincèrement que dans la Guadeloupe future que NOUS appelons de nos vœux, le droit de s’exprimer sera préservé. Personnellement, je suis partisan d’une Guadeloupe autonome. Je crois sincèrement qu’elle aura besoin de tous ses fils.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Je vous prie de recevoir l’expression de ma solidarité. »</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Ernest Pépin</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Extraits d’une lettre que E. Pépin m’a adressée le 30/01/2009 en réponse à la publication de mon article : « Guadeloupe : un peuple qu’il faut entendre<span> </span>- voir &#8211; respecter <span>». Jamais il ne donna aucune réponse publique.</span></span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">3 &#8211; Pour ceux qui osent encore à ce stade parler de ‘‘liberté de l’artiste’’, j’ajoute la contribution de Fred <strong>Berrut</strong> aux côtés d’Ernest <strong>Pépin</strong> dans le même catalogue. Il commente ainsi un tableau représentant un couple de colons sur un quai des Antilles au XVIIIe siècle  : « Ces bonnes gens (à qui l’on attribue lors des anniversaires des génocides et des crimes contre l’humanité) sont là bien dans la réalité de l’époque, des colons, des commerçants, des aventuriers, des missionnaires qui ont eu leur part de tempêtes, de naufrages, de fièvres, de cataclysmes, poussés jusque là par la naissance, la fatalité la déchéance, ou attirés par ce qui fait qu’une civilisation progresse… L’espoir de construire des lendemains meilleurs. 22 avril 1998 »</span></p>
<p><!--EndFragment--></p>
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		<title>KRÉYOL FACTORY &#8211; Que retiendrons-nous de l&#8217;art en saison créole ? Jocelyn Valton</title>
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		<pubDate>Thu, 07 May 2009 12:18:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jocelyn Valton</dc:creator>
				<category><![CDATA[Jocelyn Valton]]></category>
		<category><![CDATA[guadeloupe]]></category>
		<category><![CDATA[kréyol factory]]></category>

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		<description><![CDATA[Les questions sont nombreuses autour des choix opérés pour l'exposition Kréyol Factory
qui rassemble à Paris La Villette, un nombre important d'artistes non occidentaux venant 
des "mondes créoles".

Lieu – Texte critique – Photographie – Documentaire – Contexte – Scénographie – 
Format - Sociologie – Texte littéraire – Cartel – Eclairage – Public... 

]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><strong>KRÉYOL FACTORY</strong></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><strong> </strong></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span><strong>Que retiendrons-nous de l’art en saison créole ?</strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><img class="aligncenter size-medium wp-image-147" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/05/kanelle-valton-johanna-auguiac-jocelyn-valton1-300x199.jpg" alt="kanelle-valton-johanna-auguiac-jocelyn-valton1" width="300" height="199" /></p>
<p class="MsoNormal"><span>Que retiendrons-nous de Kréyol Factory, l’exposition qui se sera tenue à la Grande Halle de la Villette d’avril à juillet 2009, le temps d’une ‘‘saison créole’’ ? Voilà une exposition qui rassemble à Paris, dans un lieu jouissant d’un certain prestige, des œuvres d’artistes issus des Grandes et Petites Antilles, anglophones et francophones, Guyane, Réunion, jusqu’aux USA et au Canada. Avec leur nombre important (60 artistes, pour 85 œuvres et 250 photographies), on mesure que l’événement a des allures de première, tant sont rares les occasions de voir dans les grandes capitales occidentales, et singulièrement à Paris, les créations des Caribéens et autres ressortissants des mondes « créoles ».</span></p>
<p class="MsoNormal"><span> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span>On s’étonnera d’abord qu’elle se soit tenue à La Villette dans un lieu qui n’est pas dédié à l’art. Car, bien que la Grande Halle ait accueilli une partie de <em>Magiciens de la Terre</em></span><span> en 1989, c’est bien Beaubourg qui fut le pôle principal de cette célèbre exposition. <em>Afrika Remix</em></span><span> (2005) qui abordait la question de la création contemporaine africaine, avec un commissaire Africain, se tenait aussi au Centre Pompidou. Un lieu n’est pas anodin. Qui l’ignore dans le milieu de l’art ? Il laisse son empreinte ou bien, témoigne-t-il d’une posture de départ. Que Jacques Martial ne s’est-il servi des <em>Armes miraculeuses</em></span><span> pour faire souffler sur Beaubourg une tempête créole… Le temps d’une saison ?</span></p>
<p class="MsoNormal"><span><span id="more-144"></span><br />
</span></p>
<p class="MsoNormal"><span> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Ainsi, marchant au milieu des grandes vagues scénographiées par Raymond Sarti pour accrocher les œuvres des 7 séquences du long parcours, peut-on se questionner sur la nature de l’objet expositionnel qui nous est proposé. Prenant appui sur la pensée du sociologue britannique d’origine jamaïcaine, Stuart Hall, l’exposition fait une place pléthorique aux propos de romanciers : Maryse Condé, Patrick Chamoiseau, Jacques Stephen Alexis, Raphaël Confiant, Daniel Maximin…, pour ne citer qu’eux. Le spectateur est encore plus surpris de ne trouver dans le catalogue de l’exposition que les extraits de leurs textes en lieu et place de tout propos argumenté sur les œuvres.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Le président de la Villette, le Guadeloupéen Jacques Martial est homme de théâtre, d’où son penchant pour les belles Lettres. Mais toute la littérature du monde saurait-elle remplacer le savoir de spécialistes bien choisis ? Or, sans que l’on comprenne le bien fondé de ce malheureux choix stratégique, il n’y a pas un seul texte de critique ou d’historien d’art. Ainsi, par le jeu des vases communicants on se retrouve face à une exposition trop bavarde et un catalogue vidé de toute substance. Entre propos sociologiques, reportages divers et béquilles littéraires, photographie documentaire surreprésentée et arts plastiques, Kréyol Factory a du mal à affirmer son identité. Mal des mondes créoles diront certains, que l’exposition en cela conforte. </span></p>
<p class="MsoNormal"><span> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Dès l’entrée, un mural de Thierry Alet isolé et mal placé, couleur dorée sous éclairée, se confond avec les murs couleur carton recyclé avaleur de lumière de la scénographie. Mural qui ouvre l’expo avec un texte peint du <em>Cahier d’un retour au pays natal</em></span><span> et qui aurait dû, en principe, donner le ton à une manifestation « dédiée à la mémoire d’Aimé Césaire ».</span></p>
<p class="MsoNormal"><span> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Faux-pas à l’entrée, l’exposition ne sait pas mieux finir. Un autre grand mur, la pièce monumentale (13, 50 mètres de long sur près de 3 mètres) d’Ernest Breleur qui a déserté la peinture tout en gardant sa picturalité. Une série de « portraits » dialoguant en effet miroir, avec une série de textes commandés à plusieurs écrivains. (p. 160-161 du cat.) Avec ces <em>Portraits sans visages </em></span><span>dont la chair absente est faite de radiographies, découpées et agrafées d’attaches métalliques accrochant des bribes de lumière, l’exposition aurait pu s’achever là, sur cette pièce du Martiniquais voisinant au mieux avec <em>Acorazado</em></span><span>, la pièce de Limber Vilorio (République dominicaine), une carcasse de voiture comme criblée de 210 000 douilles d’une fusillade violente et surréaliste (p. 159 du cat.).</span></p>
<p class="MsoNormal"><span> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Hélas le visiteur doit encore traverser un espace incertain, difficile à décoder. Est-ce une installation tous ces étranges chevalets avec le sigle d’Air France ? Notre visiteur qui a mis un terme au décryptage des cartels illisibles (trop petits, trop sombres), se met de nouveau en quête de ce qui pourrait malgré tout lui éclaircir la vue. Peine perdue et réflexion faite, il s’agit d’un espace publicitaire. Nul ne mettra en doute la nécessité des sponsors, mais on se demande tous, quel piètre négociateur a accepté de le placer à ce moment crucial du parcours qui se prolonge de diaporamas de Suzanne Meseilas et David Damoison entre autres. </span></p>
<p class="MsoNormal"><span> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Essaimant les 7 séquences du parcours, la pléthore d’images photographiques. 250 ! Il faut d’abord dire que la plupart d’entre elles ne sont guère avantagées par les options de la scénographie. De qualité trop inégale : on passe des images couleur de l’Américaine Jane Evelyn Atwood, une belle série sur Haïti (p. 77 du cat.), aux photos de Jean-Luc de Laguarigue qui ressemblent à une commande du magazine Géo (p. 95 du cat.), des photographes qui ne jouent pas dans la même cour mais qui ont en commun de ne pas vraiment être à leur place dans une exposition d’art. Aurait-on l’idée d’accrocher Cartier-Bresson dans le même espace que des combines de Rauschenberg ? Or ces photographies voisinent avec des installations, des œuvres inscrites dans le champ des pratiques contemporaines. Bien qu’ayant leurs qualités propres (certains clichés de Nicolas Nabajoth présentent d’indéniables qualités graphiques : cette image de la série <em>Import-Export</em></span><span> sur le port de Basse-Terre &#8211; p. 104 du cat.), ces photographies documentaires, dont certaines sont mal choisies (réitérant des poncifs de l’imagerie antillaise : le petit Nègre dont on coiffe les cheveux crépus (Daniel Goudrouffe : <em>Cousine</em></span><span> &#8211; p. 101 du cat.), mal tirées (D. Goudrouffe : <em>Pitt à coq</em></span><span> &#8211; p. 102 du cat.), présentées dans des cadres bon marché, dans des formats inadaptés et dans leur ensemble mal scénographiées. Il eut mieux valu en mettre moins, choisir des plasticiens ayant élu la photographie comme médium et d’en faire un accrochage plus inspiré. </span></p>
<p class="MsoNormal"><span> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Mais le tableau n’est pas tout sombre et il y a bien quelques moments heureux dans cette traversée. Ainsi la pièce de Bruno Pédurand. Cet artiste Guadeloupéen montre <em>Vanités</em></span><span>, une série de 15 « prélèvements », images hautes en couleurs d’un inquiétant bestiaire, scalps de revues et magazines de mode. Un des temps forts de l’exposition (p. 132 du cat.). Comme la pièce d’Alex Burke, une installation de 47 poupées emmaillotées de tissus multicolores et disposées en gradin, qui imposent leur présence (p. 134 du cat.). Inspiré des ombres chinoises, le théâtre d’ombres vidéo de Kara Walker, l’Afro-Américaine dont le personnage féminin joue de manière perverse à inverser les rapports de domination sexuelle face à des hommes Blancs (pp. 12-13 du cat.). Avec <em>Triptika</em></span><span> Jean-Yves Adelo présente une installation vidéo assez réussie en forme de triptyque mêlant notamment des images et des sons puisant dans la tradition du gwoka (musique traditionnelle au tambour de Guadeloupe, tirant ses origines de l’univers plantationnaire).</span></p>
<p class="MsoNormal"><span> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Battant déjà les pavés de l’esplanade de la Grande Halle en quittant l’exposition, le visiteur se demande pour qui elle fut pensée. L’art en cette saison créole souffre-t-il du fait que les concepteurs de cette Factory aient voulu présenter les mondes créoles aux Français de l’Hexagone supposés les mal connaître. Ce mélange des genres serait-il légitimé par les mélanges opérant dans ces lieux de l’imprévisible ? La stratégie hybride de l’exposition ne contente personne : ni le public averti de l’art, pas plus les néophytes. N’est-il pas déjà venu, le temps de montrer les artistes des Caraïbes et du reste du monde non occidental au même titre que leurs homologues Européens ou Américains ? Enfin, se dire que le propos d’une exposition d’art doit rester centré sur l’art, car tout le reste est tout le reste.</span></p>
<p class="MsoNormal"> </p>
<p class="MsoNormal"><span><strong>©</strong></span><span><strong>Jocelyn Valton<span> </span><span> </span><span> </span><span> </span><span> </span>-<span> </span><span> </span><span> </span><span> </span><span> </span>Guadeloupe, Mai 2009<br />
Critique d&#8217;Art &#8211; AICA</strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><strong>Profil facebook </strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><br />
</span>A voir, dans la foulée de Kréyol Factory, les « Dessins Cathartiques » de Thierry <strong>Alet</strong><span>. Cette série de petits dessins, comme des fantasmes d’enfant terrible aux couleurs acidulées, mêle humour et dérision à la galerie JM ARTS, 36 rue Quincampoix, jusqu’au 23 mai.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>
<a href='http://ttcontemporain.com/archives/144/allee-video-des-carnavals-du-monde' title='allee-video-des-carnavals-du-monde'><img width="150" height="150" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/05/allee-video-des-carnavals-du-monde-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="" title="allee-video-des-carnavals-du-monde" /></a>
<a href='http://ttcontemporain.com/archives/144/fresque-thierry-alet' title='fresque-thierry-alet'><img width="150" height="150" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/05/fresque-thierry-alet-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="" title="fresque-thierry-alet" /></a>
<a href='http://ttcontemporain.com/archives/144/fresque-thierry-alet2' title='fresque-thierry-alet2'><img width="150" height="150" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/05/fresque-thierry-alet2-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="" title="fresque-thierry-alet2" /></a>
<a href='http://ttcontemporain.com/archives/144/lyle-ashton-harris' title='lyle-ashton-harris'><img width="150" height="150" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/05/lyle-ashton-harris-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="" title="lyle-ashton-harris" /></a>
<a href='http://ttcontemporain.com/archives/144/oeuvre-dernest-breleur' title='oeuvre-dernest-breleur'><img width="150" height="150" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/05/oeuvre-dernest-breleur-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="" title="oeuvre-dernest-breleur" /></a>
<a href='http://ttcontemporain.com/archives/144/oeuvre-de-bruno-pedurand' title='oeuvre-de-bruno-pedurand'><img width="150" height="150" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/05/oeuvre-de-bruno-pedurand-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="" title="oeuvre-de-bruno-pedurand" /></a>
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<a href='http://ttcontemporain.com/archives/144/oeuvres-de-jorge-pineda' title='oeuvres-de-jorge-pineda'><img width="150" height="150" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/05/oeuvres-de-jorge-pineda-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="" title="oeuvres-de-jorge-pineda" /></a>
<a href='http://ttcontemporain.com/archives/144/oeuvre-de-patrick-vilaire' title='oeuvre-de-patrick-vilaire'><img width="150" height="150" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/05/oeuvre-de-patrick-vilaire-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="" title="oeuvre-de-patrick-vilaire" /></a>
<a href='http://ttcontemporain.com/archives/144/nicolas-paulissen' title='nicolas-paulissen'><img width="150" height="150" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/05/nicolas-paulissen-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="" title="nicolas-paulissen" /></a>
<a href='http://ttcontemporain.com/archives/144/michele-cezaire' title='michele-cezaire'><img width="150" height="150" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/05/michele-cezaire-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="" title="michele-cezaire" /></a>
<a href='http://ttcontemporain.com/archives/144/maryse-conde-richard-philcox' title='maryse-conde-richard-philcox'><img width="150" height="150" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/05/maryse-conde-richard-philcox-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="" title="maryse-conde-richard-philcox" /></a>
<a href='http://ttcontemporain.com/archives/144/marianna-de-tolention-johanna-auguiac' title='marianna-de-tolention-johanna-auguiac'><img width="150" height="150" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/05/marianna-de-tolention-johanna-auguiac-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="" title="marianna-de-tolention-johanna-auguiac" /></a>
<a href='http://ttcontemporain.com/archives/144/manuella-nirouh-manuella-moutou' title='manuella-nirouh-manuella-moutou'><img width="150" height="150" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/05/manuella-nirouh-manuella-moutou-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="" title="manuella-nirouh-manuella-moutou" /></a>
<a href='http://ttcontemporain.com/archives/144/luc-st-eloi-et-famille' title='luc-st-eloi-et-famille'><img width="150" height="150" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/05/luc-st-eloi-et-famille-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="" title="luc-st-eloi-et-famille" /></a>
<a href='http://ttcontemporain.com/archives/144/lilian-thuram' title='lilian-thuram'><img width="150" height="150" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/05/lilian-thuram-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="" title="lilian-thuram" /></a>
<a href='http://ttcontemporain.com/archives/144/karine-le-marchand' title='karine-le-marchand'><img width="150" height="150" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/05/karine-le-marchand-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="" title="karine-le-marchand" /></a>
<a href='http://ttcontemporain.com/archives/144/kanelle-valton-johanna-auguiac-jocelyn-valton1' title='kanelle-valton-johanna-auguiac-jocelyn-valton1'><img width="150" height="150" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/05/kanelle-valton-johanna-auguiac-jocelyn-valton1-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="" title="kanelle-valton-johanna-auguiac-jocelyn-valton1" /></a>
<a href='http://ttcontemporain.com/archives/144/jose-bocle' title='jose-bocle'><img width="150" height="150" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/05/jose-bocle-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="" title="jose-bocle" /></a>
<a href='http://ttcontemporain.com/archives/144/jacob' title='jacob'><img width="150" height="150" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/05/jacob-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="" title="jacob" /></a>
<a href='http://ttcontemporain.com/archives/144/ismael-mundaray-barthelemy-toguo-patrick-vilaire' title='ismael-mundaray-barthelemy-toguo-patrick-vilaire'><img width="150" height="150" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/05/ismael-mundaray-barthelemy-toguo-patrick-vilaire-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="" title="ismael-mundaray-barthelemy-toguo-patrick-vilaire" /></a>
<a href='http://ttcontemporain.com/archives/144/ernest-pepin-firmin-richard' title='ernest-pepin-firmin-richard'><img width="150" height="150" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/05/ernest-pepin-firmin-richard-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="" title="ernest-pepin-firmin-richard" /></a>
<a href='http://ttcontemporain.com/archives/144/dsc_0367' title='dsc_0367'><img width="150" height="150" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/05/dsc_0367-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="" title="dsc_0367" /></a>
<a href='http://ttcontemporain.com/archives/144/dsc_0345' title='dsc_0345'><img width="150" height="150" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/05/dsc_0345-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="" title="dsc_0345" /></a>
<a href='http://ttcontemporain.com/archives/144/dsc_0337' title='dsc_0337'><img width="150" height="150" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/05/dsc_0337-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="" title="dsc_0337" /></a>
<a href='http://ttcontemporain.com/archives/144/dsc_0248' title='dsc_0248'><img width="150" height="150" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/05/dsc_0248-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="" title="dsc_0248" /></a>
<a href='http://ttcontemporain.com/archives/144/dominique-brebion' title='dominique-brebion'><img width="150" height="150" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/05/dominique-brebion-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="" title="dominique-brebion" /></a>
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<br />
</span></p>
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		<title>Guadeloupe, Martinique : l’art de faire grève…</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Mar 2009 17:03:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jocelyn Valton</dc:creator>
				<category><![CDATA[Jocelyn Valton]]></category>

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		<description><![CDATA[Martinique, 5 Février 2009 : L’artiste Joëlle Ferly improvise une performance en soutien au 1er jour de grève des syndicats martiniquais à l’ouverture de l’exposition « Entre-Vues » à la fondation Clément, espace d’art contemporain fondé par Bernard Hayot, richissime Béké de l’île à la tête du Groupe Bernard Hayot (GBH). © Photo : Nyaba [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-21" title="picture-3" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/03/picture-3.png" alt="picture-3" width="429" height="286" />Martinique, 5 Février 2009 : L’artiste Joëlle Ferly improvise une performance en soutien au 1er jour de grève des syndicats martiniquais à l’ouverture de l’exposition « Entre-Vues » à la fondation Clément, espace d’art contemporain fondé par Bernard Hayot, richissime Béké de l’île à la tête du Groupe Bernard Hayot (GBH). © Photo : Nyaba Ouedraogo</p>
<p>En ce début d’année 2009 la Guadeloupe et la Martinique font parler d’elles à coup de grèves !<br />
Différente des revendications syndicalistes qui concernaient autrefois des secteurs spécifiques, la grève générale commencée en Guadeloupe le 20 Janvier dernier par le collectif Liyannaj Kont Pwofitasyon (LKP ) est en passe de devenir, par l’ampleur de la contestation, un phénomène historique ! A l’inverse de ce qui a pu être publié dans certains journaux nationaux dépêchés sur place tardivement, ces mouvements de grèves sont parfaitement organisés et rassemblent de nombreux syndicats (plus d’une quarantaine), tous unis pour dénoncer une situation peu connue des Français de l’hexagone, à savoir l’existence d’une majorité de la population guadeloupéenne exploitée économiquement et maintenue dans la précarité par un système de privilèges. Privilèges dont bénéficie une petite minorité blanche qui compte des descendants d’esclavagistes et détenant les rênes de l’économie des îles françaises de la Caraïbe.</p>
<p><span id="more-20"></span></p>
<p>Devant cette poussée de protestations en Guadeloupe, le préfet Nicolas Desforges nouvellement en poste, a reconnu officiellement l’existence d’une société  « à deux vitesses ».</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-22" title="picture-4" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/03/picture-4.png" alt="picture-4" width="498" height="163" />L’une des manifestations de Janvier 2009 en Guadeloupe réunissant plusieurs syndicats et associations combattant la société de consommation à outrance et le phénomène de « vie chère » connu sur l’île. Photos : JF</p>
<p>D’où vient la force du collectif LKP ?</p>
<p>Des manifestations bien encadrées et calmes dans les rues de Pointe-à-Pitre et de Basse-Terre qui ont rassemblé près de 65 000 personnes (et non 18 000 comme il a été annoncé par les journaux nationaux, relayant facilement le discours dominant selon lequel une minorité voudrait une indépendance ‘‘aventureuse’’ freinée par un peuple apathique ‘‘se la coulant douce‘‘ à coup d’allocations dites « braguettes ») ; des revendications claires saluées de manière quelque peu opportuniste par de nombreuses personnalités politiques de la gauche française (qui n’a pas fait mieux pour les Antilles quand elle était au pouvoir) ; une stratégie inédite de diffusion télévisée en direct du début des négociations du LKP avec le préfet, les élus et les représentants du patronat. Ainsi, chacun a pu voir, en direct, les résistances injustifiées des patrons aux propositions du LKP, la maîtrise que ce dernier avait des dossiers, les contradictions de la politique de la France dans cette région du monde et les reculades de l’Etat ; une cohérence dans les propos tenus par l’intersyndicale et l’adoption d’une posture inébranlable ayant forcé le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer à délocaliser son bureau parisien en Guadeloupe ; une ténacité digne d’un peuple libre acceptant depuis 21 jours, la quasi paralysie de toute l’île (pas d’essence, pas de transports publics, pas d’école, toute l’activité économique au point mort…) afin de faire lever des tabous sur tout ce système économique soigneusement mis en place et entretenu par un groupe ethnique minoritaire (en nombre) à savoir les Békés, descendants directs des colons, trustant les terres et les infrastructures clés de l’économie des îles au seul profit d’une caste qui se tient à part, pour « préserver la race » parce que « dans les familles métissées, les enfants sont de couleurs différentes, il n’y a pas d’harmonie… » comme l’a affirmé tranquillement Alain Huygues-Despointes (en véritable Afrikaner) il y a quelques jours, dans un reportage  diffusé sur Canal +.</p>
<p>De quoi ternir l’image d’Epinal d’une France, forgeant la Déclaration des Droits de l’Homme, éclairée par des principes philosophiques prétendument universels, ayant enfin accepté de mettre en œuvre des mesures prenant en compte l’existence d’une nation ‘‘plurielle’’ 20 ans après des pays comme l’Angleterre et l’Allemagne.<br />
En France hexagonale, rares sont ceux qui savent qu’outre-mer existe un racisme institutionnel refusant à une majorité de la population les mêmes droits d’accès aux postes clés au sein des entreprises ou aux prêts bancaires autres que les crédits à la consommation jouant ici le rôle aliénant d’une camisole. Des prêts qui pourraient permettre aux autochtones de créer eux aussi leurs entreprises et d’être de vrais acteurs dans l’édification de leur société.</p>
<p>Le seul « progrès social » concédé aux descendants d’esclaves Noirs et aux Indiens de Guadeloupe et de Martinique est leur conversion en consommateurs forcés dans un marché livré aux monopoles des békés. Des populations maintenues dans un système bilatéral France &#8211; Antilles, incapable de les sortir de la logique du sous-emplois et du chômage.</p>
<p>Alors même que la Guadeloupe et la Martinique explosent les chiffres du chômage avec des taux à plus de 27 % , les îles se remplissent depuis toujours de vagues successives de Français de l’Hexagone attirés par tous les avantages matériels que leur offre un séjour tropical. Cette autre France présente tous les symptômes d’un pays où règne une forme d’apartheid tropical. Dans certaines communes, des quartiers entiers sont pratiquement peuplés d’Européens, et d’autres, uniquement de Noirs, descendants d’Africains et autres Antillais d’origine indienne.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-23" title="picture-5" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/03/picture-5.png" alt="picture-5" width="401" height="140" />Guadeloupe, 7 Février 2009<br />
Joëlle Ferly refait sa performance en Guadeloupe lors d’un événement artistique à St François, dans le quartier de la Marina fréquenté essentiellement par une population blanche, afin de ramener les réalités de l’actualité dans ce lieu.<br />
© Photos : Philippe VIRAPIN et JF</p>
<p>C’est dans ce contexte que l’artiste Joëlle Ferly, revenue en Guadeloupe après 20 ans d’absence, s’est trouvée invitée par le commissaire Suzy Landau à exposer à la Fondation Clément en Martinique. Nouveau lieu de l’art contemporain, cette fondation n’en reste pas moins un lieu sensible politiquement et ce pour plusieurs raisons : La Fondation Clément appartient au béké Martiniquais Bernard Hayot . Ce milliardaire est l’une des plus grandes fortunes de France, qui détient avec d’autres békés la plupart des terres de la Martinique, ainsi que la grande distribution dans tous les DOM-TOM.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-25" title="picture-61" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/03/picture-61.png" alt="picture-61" width="551" height="152" />Vernissage de l’exposition « Entre-vues » à la Fondation Clément, 5 Février 2009 &#8211; Martinique<br />
L’artiste Joëlle Ferly se rendant dans la galerie avec « Artiste en grève » inscrit dans son dos et sur son torse<br />
© Photos : Nyaba Ouedraogo</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-26" title="picture-7" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/03/picture-7.png" alt="picture-7" width="515" height="342" />Vernissage de l’exposition « Entre-vues » à la Fondation Clément, 5 Février 2009 &#8211; Martinique<br />
Bernard Hayot, visible sur le diaporama retransmettant les images des invités lors du vernissage, en compagnie de<br />
Suzy Landau, la commissaire de l’exposition et de Florent Plasse, chargé du Patrimoine à la Fondation Clément.<br />
© Photo : Cynthia Phibel</p>
<p>Sur les terres de la fondation se trouve l’Habitation Clément, ancienne usine de rhum aujourd’hui devenue musée incontournable pour tout visiteur de l’île. Toute ancienne « Habitation », autrefois cœur du système esclavagiste dans les îles d’Amérique, renvoie à la question du positionnement face à l’histoire de centaines de milliers de Noirs capturés en Afrique et vendus aux colons blancs des Antilles…</p>
<p>A l’inverse des dernières déclarations faites par M. Huygues-Despointes , son homologue de « caste » qui prône dans un documentaire hallucinant la « pureté de la race », M. Hayot semble vouloir amorcer un rapprochement avec le reste de la population antillaise : présence symbolique aux obsèques d’Aimé Césaire il y a quelques mois et ouverture de sa galerie d’art contemporain située sur son Habitation aux artistes de toutes origines ethniques.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-27" title="picture-8" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/03/picture-8.png" alt="picture-8" width="415" height="136" />Vernissage de l’exposition « Entre-vues » à la Fondation Clément, 5 Février 2009 &#8211; Martinique<br />
© Photo : Nyaba Ouedraogo et Cynthia Phibel</p>
<p>Ce geste que personne n’aurait crû possible il y a encore 10 ans, n’est pas resté sans provoquer quelques réactions parmi les artistes. Certains refusent d’exposer « chez un béké », arguant qu’ils ne se laisseront pas acheter par quelqu’un dont la famille était impliquée dans le système esclavagiste. Ces artistes méfiants voient dans le geste du richissime, une volonté de main mise sur le nouveau marché de l’art caribéen qui suscite l’intérêt des spéculateurs. D’autres plasticiens considèrent la fondation comme le nouveau lieu de légitimation de leur pratique plastique offrant une opportunité de monstration et d’achat de leurs oeuvres. La Fondation Clément se lance en effet dans l’acquisition d’œuvres d’art afin de parfaire son image d’élite, à côté de la vente du rhum Clément considéré comme un produit de luxe.</p>
<p>En matière d’art contemporain, La Fondation Clément est devenue le lieu de référence de l’île. Là où les instances politiques locales sont absentes , la fondation s’affirme en faisant la promotion et la diffusion des artistes de la région, mettant des moyens à leur disposition leur permettant de réaliser et de montrer des pièces monumentales.</p>
<p style="text-align: left;"><img class="aligncenter size-full wp-image-28" title="picture-9" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/03/picture-9.png" alt="picture-9" width="256" height="169" />Vernissage de l’exposition « Entre-vues » à la<br />
Fondation Clément,  5 Février 2009 &#8211; Martinique<br />
© Photo : Cynthia Phibel</p>
<p>Arrivé sur les lieux retirés de la fondation, au premier jour de grève des syndicats martiniquais, un public hétéroclite de personnalités venait assister au vernissage de l’exposition collective « Entre-vues ». Joëlle Ferly, une des artistes exposant, décide de brouiller les codes en vigueur pour ce type de mondanités et fait le choix de réagir à l’actualité brûlante pour produire une performance improvisée.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-31" title="picture-102" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/03/picture-102.png" alt="picture-102" width="431" height="139" />Vernissage de l’exposition « Entre-vues » à la Fondation Clément, 5 Février 2009 &#8211; Martinique<br />
© Photos : Cynthia Phibel et Nyaba Ouedraogo</p>
<p>Arrivant tout droit de Guadeloupe d’où elle avait pu sortir, malgré les 15 jours de grève d’essence sur l’île, l’artiste a décidé de se transformer en piquet de grève en soutien à la population martiniquaise et guadeloupéenne mobilisées par une cause commune.<br />
Ferly a inscrit sur sa chemise, encore pleine de poussière ramassée lors du montage de l’exposition, « Artiste en grève ». Les invités ont chacun pu voir l’artiste exhibant torse et dos, déambuler entre les plateaux de petits-fours et les verres de rhum. Nombreux étaient les invités choqués de voir l’audace de cette artiste, s’exposer ainsi devant le maître des lieux, présent au vernissage, allant jusqu&#8217;à serrer la main de celui-ci et le remercier de son invitation !<br />
A l’inverse, le petit personnel chargé du service, s’est approché de l’artiste afin de la remercier pour ce geste de solidarité « courageux ».</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-32" title="picture-11" src="http://ttcontemporain.com/blogFR/wp-content/uploads/2009/03/picture-11.png" alt="picture-11" width="262" height="199" />Vernissage de l’exposition « Entre-vues » à la<br />
Fondation Clément, 5 Février 2009 &#8211; Martinique<br />
© Photo : Cynthia Phibel</p>
<p>« Artiste en grève » ne renvoyait cependant pas qu’à la situation politique et sociale des deux îles, mais également à la réalité des artistes de la Caraïbe française : la récupération de leur travail à des fins politiques et la non-reconnaissance des droits de ces derniers.</p>
<p>La performance de Joëlle Ferly s’inscrivait ainsi dans le droit fil des propos du sociologue Jamaïcain Stuart Hall disant que : « rencontrer l’Autre, c’est aussi lui laisser son libre-arbitre, sa liberté d’expression et accepter sa différence. » D’autre part, s’étonnant de constater que la Fondation Clément ne prévoyait aucun contrat d’exposition pour les artistes invités à présenter leur travail, Ferly a mis délibérément le doigt sur la question des reversements des droits d’exposition et des droits d’auteurs des œuvres des créateurs de la région. En effet, les instances artistiques officielles considèrent qu’une assistance à la promotion de ces derniers est largement suffisante.</p>
<p style="text-align: left;">Pour cette exposition de groupe, outre la prise en charge des frais de transport et d’hôtel, seul un forfait de 250 ou de 350 euros par artiste a été prévu pour chacun d’eux selon l’œuvre exposée et sur présentation de facture… Ainsi, aux yeux de certains observateurs, cette exposition de 6 semaines au titre de mécénat, pourrait bien prendre l’allure d’une forme nouvelle de la « pwofitasyon »…</p>
<p style="text-align: left;">Guadeloupe, Février 2009,<br />
L’artiste remercie vivement toutes les personnes qui lui ont apporté leur soutien dans la réalisation de cette performance</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">Jocelyn Valton &#8211; Critique d&#8217;Art<br />
Joëlle Ferly &#8211; Artiste Plasticienne</p>
<p style="text-align: left;">©                     AICA</p>
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